Nouvelle étude MC : près d’une personne en invalidité sur deux peine à joindre les deux bouts
Bruxelles, 28 septembre 2026 – Se retrouver en situation d’incapacité de longue durée à la suite d’une maladie ou d’un accident n’est pas seulement synonyme de problèmes de santé, mais aussi de difficultés financières, indique une étude de grande ampleur de la Mutualité chrétienne (MC). Selon cette étude réalisée auprès de 8 500 de ses affiliés en invalidité, près de la moitié des familles (47 %) peine à boucler les fins de mois avec leurs revenus de remplacement. La MC insiste pour la mise en place de mesures urgentes pour briser le cercle vicieux entre la pauvreté et de la maladie.
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Alors que l’attention politique et médiatique se concentre principalement sur le nombre de personnes en incapacité de travail et sur leur réintégration sur le marché du travail, la question de leur situation financière reste largement reléguée au second plan. Pourtant, la réalité est préoccupante : de nombreuses personnes en incapacité sont confrontées à des difficultés financières majeures qui les empêchent parfois de subvenir à leurs besoins essentiels.
Des difficultés financières majeures :
- Exclusion sociale : La moitié (51%) des personnes interrogées souffre de privations matérielles et sociales. Elles ne peuvent se permettre ce qui est nécessaire pour participer pleinement à la vie de la société, comme faire face à une dépense imprévue (60%), s’offrir une semaine de vacances ailleurs que chez elles (58%), participer régulièrement à des activités de temps libre (51%) ou se retrouver en famille ou avec des amis une fois par mois pour aller manger ensemble ou boire un verre (48%).
- Des problèmes de paiements structurels : Près de deux familles sur trois (63%) ont des difficultés à assurer leurs dépenses de base. Il s’agit entre autres des régularisations d’impôts et des assurances (50%), des factures d’eau/électricité et/ou mazout (44%), des soins de santé (40%), des dépenses de nourriture (37%) et du paiement du loyer ou remboursement du prêt hypothécaire (32%).
- Des soins de santé sous pression : La moitié des personnes interrogées (48%) ne peut se soigner ou doit repousser des soins pour des raisons financières.
- Solliciter de l’aide et emprunter : Un tiers (34%) des personnes doit régulièrement solliciter l’aide financière de sa famille ou de ses proches. Un quart (24%) a dû emprunter de l’argent dans l’année écoulée pour simplement s’en sortir. Pour 30% des personnes interrogées, ces emprunts ont servi à payer des soins de santé.
Qui sont les plus touchés ?
Les groupes les plus fragiles sont les personnes isolées (avec ou sans enfants), les 18-54 ans, les locataires, les personnes avec un historique de migration, les personnes peu éduquées, les personnes bénéficiant du statut BIM et les personnes qui, avant leur invalidité, étaient au chômage.
Le danger du cercle vicieux
La MC insiste pour que l’incapacité ne mène pas à la précarité : « Une sécurité sociale mature doit fournir aux individus l’assurance d’une protection suffisante. Subir un accident de la vie ne doit pas mener à entrer dans une spirale de précarité », indique Elise Derroitte, Vice-présidente de la MC. « Il n’est pas acceptable d’avoir des difficultés à se nourrir, à payer ses factures énergétiques, ou de se priver de vie sociale parce qu’on est en incapacité ».
Quelles solutions pour sortir du cercle vicieux ?
Afin de garantir des indemnités d’invalidité suffisantes pour vivre dignement, accéder aux soins de santé et participer à la vie en société, la MC propose entre autres :
- Augmentation des indemnités minimales : Les augmenter au moins jusqu’au seuil de pauvreté, et de préférence 10% au-delà.
- Maintenir une indexation complète des indemnités et leur enveloppe bien-être Celle-ci peut être garanti grâce à un examen des avantages deux fois par an.
- Des coûts de logement et de l’énergie qui soient abordables : Entre autres choses, étendre le tarif social de l'énergie aux personnes les plus vulnérables en situation d’invalidité.
- Des soins de santé abordables : Garantir la sécurité tarifaire grâce au conventionnement des prestataires de soins, en limitant les suppléments de frais et en accordant de manière proactive le statut BIM.
« La sécurité sociale n'est pas un mécanisme de charité, mais une assurance collective. Les personnes en invalidité ont cotisé et doivent pouvoir compter sur une protection suffisante lorsqu'elles tombent malades. Lorsqu'une personne sur deux reporte des soins pour des raisons financières et que près de la moitié des ménages peinent à joindre les deux bouts, c'est la promesse même de notre contrat social qui est fragilisée », conclut Elise Derroitte, vice-présidente de la MC.
Au sujet de l’étude : L’étude quantitative « La situation financière des personnes en invalidité » a été menée par la MC auprès de 8 581 de ses membres en situation d’invalidité (incapacité de travail de longue durée) via une enquête en ligne réalisée en 2025.
Simon Vandamme
La situation financiere_Sante_Societe_19_FR.pdf
PDF 4.2 MB









