Carte blanche : Supprimer les repas scolaires gratuits serait une erreur durable pour la santé, le bien-être et la qualité des apprentissages des enfants

L’école n’est pas seulement un lieu d’apprentissage : c’est aussi un espace où se jouent l’égalité des chances et la santé actuelle et future de toute une génération, un espace de sensibilisation au rôle primordial de l’alimentation dans notre santé, au sens large.

Cette carte blanche a été publiée sur le site du Soir aujourd'hui

Manger un repas chaud et complet à midi joue un rôle fondamental dans la réduction des inégalités, dans la qualité des apprentissages, mais aussi pour les conditions dans lesquelles les enfants peuvent grandir. Pour de nombreux enfants qui sont concernés par la potentielle suppression des repas chauds complets dans 429 écoles de milieux (très) défavorisés, il s’agit parfois du seul repas complet et équilibré de la journée. Offrir ce repas, c’est donner à chacun la possibilité de grandir, d’apprendre et de s’épanouir dans les mêmes conditions, quels que soient les revenus ou l’origine sociale de sa famille. L’école doit rester ce lieu où l’on apprend, mais aussi où l’on répare, où l’on compense les injustices de départ.

La santé, un enjeu collectif

Les chiffres sont alarmants : la malnutrition, la sous-alimentation tout comme l’obésité infantile progressent, et les habitudes alimentaires se dégradent. 13,9 % des enfants belges de 6 à 11 ans sont en situation de privation matérielle sévère en Belgique et un parent sur 5 d’enfants de 3 à 9 ans n’a pas les moyens d’offrir une alimentation saine et équilibrée à ses enfants. Beaucoup d’enfants consomment quotidiennement des produits trop gras, trop sucrés, trop salés, faute d’alternatives accessibles, et trop d’enfants arrivent encore fréquemment avec une boîte à tartines vide à l’école. L’école a un rôle clé à jouer : c’est là que l’on peut avoir accès à de la nourriture saine et de qualité, découvrir de nouveaux goûts, comprendre l’importance de bien manger pour bien grandir.

Les déterminants sociaux de la santé désignent l’ensemble des conditions dans lesquelles les personnes naissent, grandissent, vivent, travaillent et vieillissent. Ils incluent, par exemple, le niveau de revenu, l’accès à l’éducation, la qualité de l’alimentation, le logement ou encore l’environnement social. On estime que ces facteurs comptent pour 85 % de l’état de santé d’un individu, bien plus que la seule génétique ou l’accès aux soins. Priver les enfants les plus vulnérables d’un repas équilibré, c’est donc hypothéquer leur avenir et celui de la société tout entière.

Une mesure particulièrement régressive

Supprimer la gratuité des repas scolaires, ou envisager de pouvoir remplacer un repas complet par un potage, c’est prendre le risque d’aggraver durablement les écarts de santé et de développement. Cette mesure serait particulièrement régressive : elle toucherait d’abord les enfants des familles les plus précarisées, ceux pour qui l’école est parfois un rempart important contre la pauvreté et la malnutrition. Les économies qui seraient réalisées aujourd’hui se paieront demain en inégalités accrues, en problèmes de santé, en difficultés de concentration et mémorisation à l’école, en décrochage scolaire.

Le définancement spécifique de projets de soutien scolaires dans les écoles concentrant le plus fortement des enfants de milieux particulièrement précaires ferait porter sur elles une large part des efforts budgétaires demandés à l’enseignement en 2026 : un cinquième des économies vient de la réduction des moyens alloués à l’encadrement différencié et aux repas scolaires dans ces écoles. Investir dans la santé et l’égalité à l’école, ce n’est pas un luxe, c’est un choix de société. C’est croire que chaque élève mérite les mêmes chances, la même attention, la même dignité.

Un appel à la responsabilité collective

Nous appelons à un sursaut de responsabilité : ne sacrifions pas la santé, le bien-être, l’égalité des enfants et la qualité de l’enseignement sur l’autel des économies à court terme. Préserver des repas complets, gratuits, sains et durables dans les écoles maternelles et primaires concentrant les enfants les plus exposés à la précarité alimentaire, c’est investir dans la santé publique, dans la cohésion sociale, dans l’avenir de tous.

Signataires:

Mutualité chrétienne, Solidaris, le Délégué général aux droits de l’enfant, la FAPEO, l’UFAPEC, la Ligue des familles, le CJC, Action Vivre ensemble, le MOC, Ecole à table, la CSC, le RWLP (Réseau wallon de lutte contre la pauvreté), le Forum – Bruxelles contre les inégalités.

 

Simon Vandamme

Responsable presse

 

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