Un cadre de vie verdoyant est associé à un moindre recours aux soins de santé mentale

Bruxelles – La présence d’espaces verts contribue à rendre les quartiers plus résilients face aux épisodes de chaleur. Mais elle est aussi associée à un moindre recours aux soins de santé mentale. C’est ce que révèle une étude de grande ampleur menée par la Mutualité chrétienne auprès de plus de 4 millions de membres. Un constat important nuance toutefois ce résultat : cet effet protecteur disparaît, voire s’inverse, chez les personnes en situation de précarité financière. « La santé ne se résume pas aux soins médicaux ; notre cadre de vie joue également un rôle déterminant », souligne Elise Derroitte, vice-présidente de la Mutualité chrétienne. « Mais nous devons veiller à ce que les investissements dans les espaces verts bénéficient à l’ensemble de la population, et pas uniquement à celles et ceux qui sont déjà les mieux lotis. »

Le lien entre nature et santé est régulièrement mis en évidence. Le service d’études de la Mutualité chrétienne, en collaboration avec des chercheurs de l’Open Universiteit, a analysé ce phénomène à l’échelle de la population belge. Les chercheurs ont croisé les données de facturation liées aux soins de santé mentale de plus de 4,3 millions de membres de la Mutualité chrétienne avec la quantité d’espaces verts - arbres, prairies et autres surfaces végétalisées - présents dans leur secteur statistique de résidence.

Moins de recours aux soins psychologiques dans les quartiers plus verts

Les résultats sont sans équivoque : les personnes vivant dans des quartiers plus verts recourent proportionnellement moins aux soins de santé mentale. Une augmentation de 20 % de la superficie d’espaces verts dans un quartier est associée à une diminution relative de 3,73 % du recours aux soins psychologiques de première ligne. Les recours aux soins psychiatriques (-3,34 %) et à l’aide psychiatrique d’urgence (-2,57 %) sont également moins fréquents.

Même si ces écarts restent limités à l’échelle individuelle, leur impact devient significatif lorsqu’ils sont observés à l’échelle de la population.

Ces résultats confirment que les espaces verts ne constituent pas un luxe, mais un véritable déterminant de la santé. Ils favorisent le bien-être mental, soutiennent la prévention et contribuent à réduire la pression sur le système de soins.

« La politique de santé doit donc également intégrer des investissements dans des espaces verts accessibles et de qualité », estime Elise Derroitte. « Ces environnements favorisent la prévention, réduisent les inégalités de santé et renforcent le bien-être de la population. »

Un résultat inattendu chez les groupes les plus vulnérables

L’analyse met toutefois en lumière une réalité plus complexe pour les personnes bénéficiant de l’intervention majorée, un indicateur important de vulnérabilité financière. Pour ces 16 % de membres, une augmentation des espaces verts est associée à une hausse du recours aux soins de santé mentale, notamment aux soins psychologiques de première ligne (+6,40 %).

Ce constat n’est pas nécessairement négatif. Il pourrait indiquer qu’un environnement plus verdoyant facilite l’accès aux soins pour des personnes qui, habituellement, y recourent moins que leurs besoins ne le justifieraient. Une meilleure cohésion sociale dans ces quartiers pourrait également favoriser l’orientation vers les services de soins.

D’autres hypothèses méritent cependant d’être explorées. Les personnes en situation de précarité sont souvent confrontées à de multiples difficultés qui influencent fortement leur état de santé. Dans ce contexte, l’effet positif des espaces verts pourrait être atténué par d’autres facteurs sociaux ou économiques plus déterminants.

Ces résultats illustrent l’importance de l’universalisme proportionné : agir sur les déterminants de la santé pour l’ensemble de la population, tout en déployant des efforts supplémentaires en faveur des groupes les plus vulnérables afin qu’ils puissent pleinement bénéficier des améliorations apportées à leur environnement de vie.

Poursuivre les recherches

Parce qu’il s’agit de la première étude belge mettant en évidence un tel écart à l’échelle de la population, la Mutualité chrétienne plaide pour des recherches complémentaires. « Nous devons mieux comprendre pourquoi les effets observés diffèrent pour les personnes en situation de vulnérabilité financière », explique Elise Derroitte. « Comment concevoir des espaces verts qui profitent réellement à tous ? Quels mécanismes expliquent ces différences ? Des recherches approfondies sont indispensables pour orienter les politiques publiques de manière équitable et fondée sur des données probantes. »

Pour un aménagement du territoire favorable à la santé

La Mutualité chrétienne appelle également les décideurs politiques, du niveau local au niveau fédéral, à poursuivre une politique ambitieuse d’aménagement du territoire favorable à la santé.

La MC recommande notamment :

  • de désimperméabiliser les sols et de renforcer la végétalisation des villes, des axes routiers et des zones les plus exposées à la pollution afin de mieux faire face aux effets du changement climatique ;
  • de reconvertir les friches urbaines en espaces verts accessibles au public, jardins partagés ou jardins thérapeutiques ;
  • d’associer les investissements dans la végétalisation à des mesures sociales afin d’éviter les phénomènes de « gentrification verte », qui peuvent entraîner une hausse des loyers et l’exclusion des habitants les plus fragiles.

Elise Derroitte conclut : « Nous avons besoin d’une politique de santé qui dépasse largement le cadre des soins. Un environnement sain est un droit fondamental, pas un privilège. »

 

Espaces_verts_sante_mentale_Sante_Societe_18_FR-3.pdf

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Simon Vandamme

Responsable presse

 

 

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À propos de Mutualité chrétienne

La Mutualité chrétienne (MC) se bat pour des soins de qualité, accessibles à tous. Nous proposons à nos membres des avantages et services basés sur la solidarité. Chacun cotise pour le bien-être et la santé de tous. Au travers de l’assurance obligatoire et complémentaire, nous offrons un service professionnel et adapté à vos besoins.

Nous participons également à l'élaboration des politiques de santé et encourageons les habitudes et comportements de vie favorables à la santé.

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